Le divorce est considéré par de nombreux travaux en psychologie comme l’un des événements de vie les plus stressants et potentiellement traumatisants. Selon l’échelle de Holmes et Rahe (1967), qui mesure l’impact des stresseurs de vie sur la santé, le divorce se situe parmi les premières positions, au même niveau que le décès d’un conjoint. Il ne s’agit pas seulement d’une rupture légale, mais bien d’un bouleversement existentiel impliquant une perte de repères, une redéfinition identitaire et une réorganisation relationnelle.
Face à ce choc psychologique, l’accompagnement thérapeutique s’avère fondamental. Le divorce entraîne souvent une cascade émotionnelle : tristesse, colère, culpabilité, sentiments d’abandon ou d’échec. Ces réactions peuvent, en l’absence de traitement, se transformer en troubles anxieux ou dépressifs persistants. Le cadre psychologique offre un espace sécurisé pour accueillir et réguler ces affects, permettant au sujet d’élaborer le vécu de la rupture plutôt que de le subir.
Le caractère abrupt et multidimensionnel de ce choc se manifeste également dans la sphère cognitive et comportementale. La surcharge émotionnelle liée à la séparation altère les capacités de jugement et de prise de décision. Or, le divorce exige des choix concrets et parfois complexes : garde des enfants, partage du patrimoine, nouvelles modalités de vie quotidienne. L’accompagnement psychologique favorise une meilleure gestion du stress et soutient des prises de décision plus adaptées, réduisant ainsi les risques d’impulsivité ou de conflits prolongés.
Sur le plan familial, l’intensité du choc est également ressentie par les enfants, qui peuvent développer des symptômes d’anxiété, des troubles scolaires ou des difficultés relationnelles. L’accompagnement psychologique aide les parents à adopter une communication plus constructive et à limiter les effets délétères de la séparation sur le développement de l’enfant.
Enfin, la littérature en psychologie du traumatisme et de la résilience (Cyrulnik, 2009) rappelle que les chocs de vie, s’ils sont pris en charge, peuvent devenir des opportunités de transformation. L’accompagnement permet de reconstruire une narration personnelle cohérente, de restaurer l’estime de soi et d’ouvrir la voie vers de nouveaux projets de vie.
Ainsi, envisager le divorce comme un choc psychologique à traiter n’est pas une exagération, mais une nécessité clinique. L’accompagnement psychologique ne se limite pas à un soutien ponctuel ; il constitue un véritable processus de soin, de prévention des troubles psychiques et de promotion de la résilience individuelle et familiale.